Ne pas être épanoui au travail n’est pas une fatalité !

Cet article a été posté originellement sur WILL, une plateforme dédiée à l’épanouissement professionnelle qui mixe coaching, orientation et formation.

Dans un précédent article, nous avons vu à quel point l’approche actuelle autour de l’épanouissement au travail s’adressait aux entreprises plutôt qu’aux salariés, laissant ces derniers démunis et contribuant à créer une forme de fatalisme.

La bonne nouvelle, c’est que WILL pense qu’il existe une autre manière d’aborder l’épanouissement au travail et qu’il n’y a pas de fatalité. Que les travailleurs ont le pouvoir, à leur niveau, de sortir de cette impasse et de se sentir à nouveau (plus) épanouis. Il suffit qu’ils le veuillent. Comment ? WILL a développé une méthode, The WILL Way, qui donne des outils au salarié pour diagnostiquer et lever les freins à son épanouissement.

WILL veut redonner espoir aux travailleurs en leur montrant qu’une autre manière de travailler est possible, qu’elle est source d’épanouissement et que cet épanouissement est libérateur du potentiel humain mais aussi économique, seul argument pour que ce discours résonne auprès des entreprises…

WILL voit l’épanouissement au travail comme un “oignon”, une superposition de couches représentant chacune une partie de l’environnement du travailleur sur laquelle il peut agir, même si ses leviers d’action deviennent plus diffus à mesure que l’on se rapproche du centre.

La méthode The WILL Way va ainsi aider le salarié à se découvrir, dans les deux sens du terme, pour être plus épanoui. Quelles sont les couches qui entravent mon épanouissement ? Comment m’en débarrasser ?

Les cinq couches principales sont les suivantes :
1/ Soi-même : se connaître vraiment pour faire les bons choix et savoir s’organiser
2/ Ses collaborateurs : communiquer de manière authentique et collaborer vraiment
3/ Le management : créer la confiance et favoriser l’épanouissement de son subalterne
4/ Son entreprise : renforcer la cohérence et développer la subsidiarité
5/ L’État : favoriser l’épanouissement à travers l’éducation et les règles économiques

La méthode The WILL Way commence par le questionnement. En répondant aux différentes questions, vous serez capable de diagnostiquer ce qui vous empêche d’être épanoui et de quantifier votre niveau d’épanouissement. D’ailleurs, si vous ne deviez ne vous en posez qu’une seule, ce serait la suivante :

1ère question : “Avez vous envie de vous lever le matin pour aller travailler ?”

Nous allons maintenant aborder de manière résumée les différentes couches et les questions associées. Si vous souhaitez approfondir, libre à vous de répondre à toutes les questions dans la version digitale du jeu. Si vous êtes pressé, la carte 0 vous permet de calculer votre score de manière simplifiée.

1/ Soi et soi-même

La première couche, c’est le travailleur lui même.
En apprenant à se connaître vraiment, le travailleur peut faire les bons choix tout au long de sa carrière. En apprenant à bien s’organiser il est capable de se concentrer sur les tâches qui comptent vraiment et de les mener à leur terme.

La question à vous poser pour commencer à y réfléchir est la suivante :

2ième question : Votre travail vous correspond-il vraiment et vous laisse-t-il le contrôle sur votre agenda ?

Le travailleur qui fait l’effort de développer sa connaissance de lui même fait émerger ses véritables leviers intrinsèques de motivation. Il peut alors orienter son travail vers ce qui nourrit réellement ses besoins profonds, et ce de manière pérenne dans le temps. Il s’affranchit ainsi des critères de motivation extrinsèques qui sont malheureusement souvent ceux mis en avant par les entreprises ou les chasseurs (égo, statut, rémunération…) mais qui ne résistent pas à l’effet du temps.

Se connaître soi-même sonne comme une évidence mais à quel point avez-vous pratiqué cet effort d’introspection récemment ? Pourquoi travaillez-vous dans le secteur que vous avez choisi ? Qu’est-ce qui vous a procuré la plus grande satisfaction lors de ces douze derniers mois dans votre travail ? Qu’est-ce qui vous donne le plus envie de vous lever pour aller travailler le matin ?

Le travailleur qui réussit à s’organiser et à se concentrer sur ce qui compte vraiment peut ainsi reprendre le contrôle sur son temps et ne plus subir les évènements ou les micro-priorités des autres. En sachant se concentrer sur ce qui compte vraiment pour lui, l’individu va au bout des tâches qui sont importantes pour l’accomplissement de ses objectifs et retire de ce travail bien fait une véritable satisfaction.

Là aussi vous vous dites que c’est une évidence ? Mais à quel point courrez-vous derrière le temps, basculez-vous d’une tâche à une autre pour cocher les cases de votre todoliste sans jamais aller au bout des choses ? À quand remonte la dernière fois où vous avez pu vous plonger pendant une heure sur une tâche sans être distrait tous les quarts d’heure par des notifications intempestives ?

2/ Soi et ses collègues

La deuxième couche, ce sont les collègues.
En apprenant à mieux communiquer et à mieux collaborer avec ses collègues, le travailleur devient capable de créer des interactions riches à la fois humainement et professionnellement.

La question à vous poser pour commencer à y réfléchir est la suivante :

3 ième question : Vos interactions avec vos collègues créent-elles de la valeur pour vous et votre entreprise ?

L’individu qui sait vraiment communiquer est capable de déminer les conflits et de créer un environnement de travail harmonieux propice à la réalisation d’objectifs ambitieux. Que signifie être capable de communiquer vraiment ? C’est la capacité à aborder des sujets délicats ou à parler des non dits avant qu’ils ne finissent par paralyser les équipes ou envenimer les relations.

Vous vous dîtes que vous communiquez bien avec vos collègues ? Mais vos discussions vont-elles au delà des échanges de politesse ou des conversations du matin autour de la machine à café (qui sont importantes aussi !) ? Êtes-vous capable de poser les sujets qui fâchent sur le tapis sans risquer de créer un incident diplomatique ? Ou préférez-vous simplement les laisser de côté en attendant qu’ils passent (ce qui n’arrivera pas) ?

L’individu qui sait collaborer vraiment parvient à libérer les énergies créatrices de chacun des collaborateurs et à faire émerger une intelligence collective bien plus puissante que la somme des cerveaux de chaque individu. Chacun peut parler, tout le monde écoute dans un climat débarrassé de tout jugement. La capacité à tirer le meilleur du groupe est la source d’une grande satisfaction.

Si cette vision vous laisse songeur quand vous pensez aux nombreuses réunions auxquelles vous assistez, dans lesquelles un ou deux individus monopolisent la parole et qui sont pour vous un mal nécessaire à limiter, peut-être devriez-vous commencer à vous interroger sur la manière dont vous collaborez ?

3/ Soi et le management

La troisième couche, c’est le management.
En plaçant la relation avec son manager sur le plan de la confiance plutôt que de la subordination, le salarié lui permet de contribuer plus efficacement à son épanouissement. Quant aux individus qui sont aussi manager, en mettant en place le bon cadre, ils permettent à leurs subalternes d’exprimer pleinement leur potentiel et donc d’être plus épanouis !

Posez-vous la question suivante :

4 ième question : Votre relation avec votre manager est-elle basée sur la confiance et vous permet-elle d’exprimer pleinement votre potentiel ?

L’individu qui parvient à placer la relation avec son manager sur un rapport de confiance plutôt que d’obéissance aura toutes les chances de s’épanouir. Même dans une relation de subordination avec un manager plus enclin à jouer le rôle de chef que de partenaire, on peut faire changer l’autre en développant de nouveaux comportements. Il devient possible de créer les conditions d’un nouveau rapport favorisant la collaboration plutôt que le contrôle. Il devient facile pour le manager de répondre aux besoins de son subalterne puisqu’ils auront été exprimés avec clarté. Le subalterne progressera, le manager en tirera une profonde satisfaction et ce comportement vertueux s’amplifiera.

Si vous avez tendance à ne pas tout dire à votre manager, à ne pas remonter les problèmes car vous êtes là pour les résoudre ou à ne pas exprimer vos besoins car c’est à votre manager de les trouver, vous risquez d’avoir du mal à mettre en place cette relation vertueuse.

Le manager qui sait fixer le bon cadre pour son subalterne lui permettra d’exprimer son plein potentiel et donc de s’épanouir. En autorisant le droit à l’erreur, en partant du principe que le subalterne veut bien faire, le manager libère la parole de son subalterne et participe à la construction d’une relation basée sur la confiance. Le manager, qui connaît la réalité opérationnelle de son subalterne, crée les conditions d’un apprentissage permanent en faisant des retours réguliers et factuels au subalterne. Le manager sait toujours voir le positif dans ce que fait le subalterne, il définit des objectifs clairs et contextualisés qui dopent sa motivation.

Si vous avez parfois tendance à demander la réalisation de tâches plutôt que la résolution d’un problème pour être sûr d’arriver à la bonne solution ou pour aller plus vite, si vous manquez parfois de temps pour expliquer comment faire ou si tout simplement vous êtes trop éloigné de la réalité opérationnelle de votre subalterne pour pouvoir l’aider, demandez-vous à quel point ces pratiques peuvent limiter l’épanouissement et donc l’engagement de vos subalternes…

4/ Soi et son entreprise

La quatrième couche, c’est l’entreprise. Les leviers d’action pour changer une entreprise deviennent plus diffus, surtout lorsque le travailleur n’exerce pas de fonction de direction, mais ils existent néanmoins. Un des enjeus devient aussi d’être capable d’identifier les entreprises -notamment en entretien de recrutement- qui font réellement les efforts pour favoriser la cohérence et développer la subsidiarité.

La question à se poser est la suivante :

5 ième question : par la cohérence de sa mission et de sa gouvernance, votre entreprise vous permet-elle de contribuer sereinement à son succès ?

Une entreprise pour qui l’épanouissement de ses salariés est un objectif aura à coeur de donner un maximum de cohérence au travail de chaque salarié. Cela commence par une mission claire qui permet aux salariés de comprendre pourquoi l’entreprise existe (au delà de la réalisation d’un profit). Idéalement le salarié est aligné avec cette mission et en tire une motivation forte. Ensuite, l’équipe de management aura toujours à coeur de montrer clairement comment la contribution de chacun participe à un résultat qui le dépasse (la mission). Enfin, l’entreprise permet à chacun d’être soi-même, c’est à dire de se comporter naturellement sans jouer un rôle dans l’entreprise, et donc d’être pleinement en cohérence avec son moi profond. Le salarié est libre d’être lui-même dans son travail.

Si vous trouvez que la mission de votre entreprise tourne essentiellement autour de la maximisation de ses profits, que vous avez du mal à comprendre en quoi votre travail peut avoir un impact plus global sur l’entreprise, et si vous avez le sentiment de mettre un masque ou de jouer un rôle quand vous entrez dans votre entreprise (le manager exigeant, le salarié irréprochable…) , alors vous risquez de ne pas être en cohérence avec vous même et cette dissonance peut entraver fortement votre épanouissement…

L’entreprise idéale favorise aussi lasubsidiarité (dont le principe est de privilégier le niveau inférieur d’un pouvoir de décision aussi longtemps que le niveau supérieur ne peut agir de manière plus efficace). Les salariés ont un fort degré d’autonomie et peuvent prendre des décisions sur les sujets qui les concernent sans systématiquement devoir les faire valider. Pour permettre une telle autonomie, l’entreprise a une stratégie claire et partagée concentrée sur un nombre restreint de sujets (focus). Ainsi, chacun sait ce qu’il a à faire et comment il peut contribuer à la mission de l’entreprise. L’entreprise favorise l’amélioration continue qui permet aux salariés de se lancer dans les tâches nouvelles sans que cela ne soit la source d’un stress excessif généré par la peur de l’inconnu. Les salariés mesurent les progrès accomplis par des mécanisme de feedbacks et en tirent une satisfaction profonde.

Si vous ne faîtes qu’exécuter des décisions imposées par votre hiérarchie, si vous devez obtenir plusieurs validations pour des achats aussi indispensables à votre travail que du matériel informatique, vous risquez de vite vous résigner et de voir votre motivation chuter. Si votre entreprise vous donne carte blanche pour lancer un nouveau projet sans vous donner les moyens ou la formation (s’il vous manque des compétences) pour mener à bien ce projet, vous risquez de vous retrouver dans des situations de stress intense qui nuiront à votre épanouissement…

5/ Soi et l’état

La cinquième et dernière couche, c’est l’état. D’abord parce que l’état est le premier employeur de notre pays. Ensuite parce que l’état, à travers l’éducation, dispose du levier le plus puissant pour changer notre manière de travailler et remettre l’épanouissement au coeur des préoccupations des futurs travailleurs. Quel est votre levier d’action ? Le vote. C’est clairement plus diffus mais il existe. Et rien ne vous empêche de vous lancer en politique pour changer les choses ! Notez que cette dernière couche n’est pas couverte par le jeu The WILL Way.

L’état a le pouvoir à travers l’éducation de donner aux futurs travailleurs les outils pour être plus épanouis. L’était pourrait ainsi mettre au programme l’apprentissage de disciplines comme la Communication Non Violente ou de méthodologies comme les Liberating Structures qui permettraient à chaque individu d’interagir plus harmonieusement avec les autres élèves et leurs futurs collègues. L’éducation pourrait aussi oeuvrer au développement de la connaissance de chaque élève à travers des ateliers d’introspection et des échanges beaucoup plus fréquents avec le monde professionnel pour que des gens épanouis puissent partager leur métier et créer des vocations. Les élèves sortiraient ainsi du système scolaire avec des idées claires sur le début de leur parcours plutôt que de devoir sauter dans le vide. Mais aujourd’hui, pensez-vous que votre éducation scolaire vous ait donné les bons outils pour avoir une vie professionnelle épanouie ?

L’état est aussi en position de fixer un certain nombre de règles à travers le code du travail ou des mécanismes d’incitation si l’on ne veut pas être dans la coercition pour favoriser l’épanouissement professionnel. À travers les 5,5 millions d’agents publics, l’état peut non seulement servir de modèle pour les entreprises mais aussi prouver concrètement l’impact des recommandations qu’il préconisera. À un niveau plus macro-économique, l’état peut enfin agir pour redonner aux métiers les plus porteurs de sens (santé, éducation, justice…) un attrait que certains ont perdu au fil des décennies faute de moyens et de reconnaissances, au détriment d’autres métiers plus rémunérateurs mais dont l’impact sociétal est plus discutable (on pense bien sûr à la finance mais de plus en plus de voix s’élèvent aussi pour dénoncer les excès de la tech). Les mécanismes de taxation pourraient ainsi permettre un rééquilibrage efficace. On pourrait aussi parler d’une politique volontariste sur le sujet des mobilités internes couplées à une offre de formation transparente et utile qui permette à chacun d’avoir la possibilité, à un moment donnée, de changer de voix (les récents développements du CPF vont dans le bon sens). Aujourd’hui, pensez-vous que l’état mette en place les bonnes règles du jeu dans l’économie pour favoriser l’épanouissement ?

Conclusion : passer à l’action

Vous êtes arrivé au bout de cet article. Vous vous êtes surement posé des questions, vous êtes peut-être d’accord avec certains des points avancés. Mais vous vous dites : “C’est super cette histoire de couches, mais comment je fais pour changer les choses ?”. Alors rendez-vous sur le jeu The WILL Way. Vous découvrirez 32 cartes avec au recto une question pour identifier les freins à votre épanouissement et au verso un exercice simple à faire pour changer les choses.

Encore une fois, c’est en commençant par changer votre comportement que vous ferez changer celui des autres.

Pas la peine de faire les 32 exercices (tout de suite): commencez par les cartes où vous aurez obtenu les scores les plus faibles ! Ces exercices ont tous fait leur preuve, ils sont issus pour la plupart de disciplines comme la CNV (Communication Non Violente), le Lean, les LS (Liberating Structures), la PNL (Programmation Neuro Linguistique) et d’autres.

Retournez aussi dans le passé et faites le jeu en pensant à une expérience passée : peut-être cela vous aidera-t-il à comprendre ce qui vous avait peut-être manqué pour que vous soyez pleinement épanoui à cette époque ?

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Tech entrepreneur, Consultant | Founder @WILL, ex-CPO (Chief Product Officer) at ManoMano, ex Founding Partner at Artefact

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